SITUATION DES ENFANTS SOURDS – MUETS AU CAMEROUN

Longtemps considéré comme la réincarnation du mauvais sort, l’enfant sourd était accueilli dans une famille comme une malédiction ; la venue au monde d’un enfant sourd au sein d’une famille  était pour certains, la conséquence d’un péché capital commis par un ancêtre  de cette famille.

Certains enfants sourds étaient voués aux sacrifices afin de conjurer le mauvais sort pour protéger la nouvelle génération ; d’autres parents courageux parcouraient les quatre coins du pays à la recherche des marabouts et des grands prêtres exorcistes dans le but illusoire de la délivrance.

Considéré dès lors comme un rebut de la nature et victime de la marginalisation, l’enfant sourd devenait la risée, l’objet de moquerie et de distraction de ses pairs dit normaux, qui, parfois les désignaient par le pseudonyme de « mou – mou »  entendu par « imbécile ou idiot » dans le jargon populaire. Renié par son entourage, incompris de son environnement, l’enfant sourd – muet  était perçu comme un paria de la société et faisait aussi la honte de sa famille.

Vers les années 1970, on a noté une évolution, un changement de regard dans la perception du sourd camerounais ; en effet, la sœur Hélène Réssicaud, de nationalité française, débarque au Cameroun, médecin de formation et soucieuse du devenir de cette catégorie d’enfants crée une école spécialisée pour sourds en plein cœur de Yaoundé afin de leur donner aussi l’opportunité d’aller à l’école.

Dès lors la société commence à être édifiée sur la surdité, ses causes et ses conséquences, les facultés et les réelles potentialités d’un enfant sourd qui, du reste, est doté d’un quotient intellectuel normal au même titre que l’enfant entendant.

De 1970 à nos jours, beaucoup d’écoles spécialisées, des structures d’accueils et d’encadrement des sourds sont disséminées partout dans le pays ; certains enfants sourds parviennent aux secondaires, d’autres obtiennent leur baccalauréat et les plus doués arrivent à l’université.

CONSTATS

Cependant, nous constatons pour le déplorer que toutes ces structures d’accueils et d’encadrements pour sourds sont des initiatives privées, sans aucune réelle expertise ; les promoteurs n’ayant parfois aucun moyen de leurs politiques, ce qui explique très souvent le fort taux de déperdition scolaire dès leur entrée aux cycles secondaires, les statistiques ayant montré que les ¾ de ces enfants sourds sont issus des milieux socio familiaux très démunis incapables d’assurer le moindre épanouissement de leur progéniture.

PROPOSITIONS

RÔLE DE L’ETAT

-         Nous invitons les pouvoirs publics à s’investir dans l’éducation spécialisée au Cameroun

-         L’Etat dans rôle régalien se doit de créer ses propres structures d’éducations spécialisées.

-         L’Etat se doit également d’appuyer, d’encourager et d’accompagner les initiatives privées d’encadrement pour sourds au Cameroun.

RÔLE DE LA SOCIETE CIVILE

La société civile doit également venir en appui aux organisations des sourds dans le cadre de la formation et du renforcement de leurs capacités dans plusieurs domaines tels que :

-         Les TIC domaine privilégié du fait de l’acuité de leur mémoire visuelle.

-         Les sourds peuvent aussi exercer dans les métiers tels que : la couture, la menuiserie, le bâtiment, la coiffure et l’esthétique.

 

En bref, les sourds sont capables de bien de choses, il suffit de les mettre en confiance car en dehors de leur handicap auditif, toutes les autres facultés sont normales et explorables.

Un autre véritable moyen d’aider le sourd est de le doter d’un appareillage auditif ( prothèse auditive ) afin de lui permettre de stimuler et d’exploiter ses restes auditifs en facilitant ainsi sa communication verbale.

 SIMO Maurice,                 

professeur spécialisé pour sourds

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Une réponse à SITUATION DES ENFANTS SOURDS – MUETS AU CAMEROUN

  1. NGASSA YOZUIN Julien dit :

    la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (charte africaine des droits et du bien être de l’enfant) a proclamé et convenu que toute
    personne peut se prévaloir de tous les droits et libertés reconnus et garantis
    dans ladite Charte, sans aucune distinction de race, de groupe ethnique, de
    couleur, de sexe, de langue, de religion, d’appartenance politique ou autre
    opinion, d’origine nationale et sociale, de fortune, de naissance ou autre statut; aussi lorsqu’on parle de discrimination, il est clair que nous ne faisons pas intervenir de prime à bord cette couche vraisemblablement vulnérable de la société, encore plus lorsqu’il s’agit des mineurs sourds-muets. cette initiative de PROSA est salutaire à plusieurs titres et mérite beaucoup d’encouragement et de soutien.

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